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Vendredi 24 septembre 2021

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* Le monde

LE MONDE


Giuseppe VERDI La Traviata


Anna Netrebko (Violetta)

L'histoire est tirée d'un roman d'Alexandre Dumas fils : "La dame aux camélias".

Ce roman commence sur un coup de foudre entre une courtisane (Violetta Valery) et un jeune homme issu de la bonne société (Alfredo Germont). Le père de ce dernier demande à cette femme de renoncer à cette union pour sauver l'honneur de sa famille. Il lui demande de ne rien dire à son fils. Elle accepte et rompt. L'amant se sent trompé, il l'insultera et ira jusqu'à se battre avec celui qu'il croit être son rival. Emu par la situation, le père avoue tout à son fils qui retrouve Violetta agonisante, car elle a contracté la tuberculose. Elle meurt dans ses bras.

Le titre de l'œuvre est "La Traviata".
Qu'est-ce que cela signifie en français ?
La traduction littérale dit "dévoyée". Nous aurions donc "La Dévoyée". Dans la plupart des livrets, on trouve "la fille perdue". Le terme vient de Violetta elle-même. C'est ainsi qu'elle se nomme dans l'acte III : "Ah della traviata sorridi al desio ; a lei, deo, perdona, tu accoglila, o Dio !" (Ah ! Souris au désir de la fille perdue, Oh Dieu, pardonne-lui et accueille-la").

Une lecture un peu rapide pourrait conclure qu'il s'agit du destin d'une femme de mauvaise vie qui meurt, tout naturellement, dans la déchéance. Comme punie par le destin.
Ici, point de destin, c'est la cruauté et la vanité d'une certaine classe sociale qui fait son œuvre.

Étrangement, il n'est pas rare de rencontrer des gens, de bonne foi, qui croient qu'elle meurt d'une maladie honteuse. Ce qui pourrait être le cas d'une courtisane. Mais ici, il s'agit de la phtisie c'est-à-dire la tuberculose pulmonaire qui n'a rien de honteux. C'est une maladie courante qui ne sera vraiment maitrisée qu'au milieu du XXe siècle. Pour l'anecdote, elle emportera même celui que l'on considère comme le père du stéthoscope, qui a passé la majeure partie de sa vie à la combattre : René Laennec. Bourgeois insoupçonnable, s'il en est.

Ensuite, l'idée que l'on assiste à une déchéance est bien hasardeuse. Certains pourront même y voir une rédemption. Celle-ci serait tardive, mais elle apparait bien réelle à l’auditeur attentif.

Le but de ce texte ne sera pas de refaire une analyse supplémentaire de l'œuvre d'Alexandre Dumas fils. Le nombre d'excellentes interprétations ne manque pas.

En outre, il est préférable d'analyser l'œuvre de Verdi indépendamment de celle de Dumas. Ne serait-ce que pour éviter de sombrer dans des comparaisons ennuyeuses donc inutiles.

Quelle sera la grille de lecture ?

On propose de prendre un concept philosophique : la notion de "monde".

La Traviata peut être lue comme un agencement de "mondes" qui s'opposent, s'interpénètrent voire se fondent les uns dans les autres.

Commençons par définir la notion de monde.

Le langage courant définit le monde comme un ensemble de choses voire l'ensemble de toutes les choses existantes. Ainsi, quand les physiciens expliquent le monde, ils entreprennent de montrer comment toutes les choses concourent à produire une unité cohérente. Ils cherchent à déterminer les lois qui régissent la réalité dite concrète.
Ici, nous ne nous intéresserons pas à ce monde d'objets.
Le monde dont nous parlons est plutôt celui qui résulte de notre perception des choses ou qui nous impose une vision des choses.
Parce que nous sommes doués de conscience, nous ne percevons jamais les choses directement, ni en entier. Nous interprétons ce que nous percevons en leur donnant une valeur plus ou moins importante en fonction de l'importance qu'elles ont pour nous. Le résultat global constitue le monde qui nous est familier et définit la singularité de notre point de vue.

Faust, dans l'œuvre éponyme de Goethe, se plaint à celui qu'il ne sait pas encore être le diable. Il lui dit qu'il est triste de voir qu'une vie consacrée au savoir et à la philosophie n'aboutit concrètement qu'à des incertitudes et à un appartement rempli d'étagères et de livres. Il lui montre la pièce où il travaille en disant : "Voilà mon monde".
Le diable, lui rétorque subtilement : "C'est peut-être "ton" monde, mais c'est surtout "un" monde". Une manière de dire que le monde n'est rien d'autre que ce que nous pouvons en percevoir. Et si nous avons l'impression que le monde est décevant, c'est parce que nous l'avons rendu tel.

En sommes-nous totalement responsables ? Pas forcément, car il est vrai que notre point de vue est souvent le résultat d'une confrontation entre une représentation collective (culturelle) et une expérience personnelle.
Mais l'idée de monde ne doit pas être résumée à la seule "somme de nos expériences".
Quand nous disons que nous naissons dans un monde, nous ne soulignons pas seulement que nous arrivons dans une réalité concrète et tangible. On dit aussi que nous naissons dans une époque qui a ses valeurs propres et se réfère à des repères singuliers.

En histoire, on n'hésite pas à classer les périodes en fonction des différents systèmes de valeurs culturels qui se sont succédé. On parle du monde de l'antiquité sumérienne, égyptienne, grecque, romaine… On parle ensuite du Moyen Âge, du monde moderne, du monde contemporain comme on définit des époques qui sont censées avoir une vision singulière du monde et des valeurs qui s'y rattachent.
Chaque époque se compose de plusieurs représentations qui s'opposent ou se complètent, qui se combattent ou qui coexistent pacifiquement. Ces représentations, que nous appellerons des "mondes", peuvent être idéologiques, politiques, religieuses ou sociales.
Le système de valeurs propres à la bourgeoisie est-il le même que celui du prolétariat ? Une analyse athée peut-elle être la même que celle qui postule l'existence d'une divinité ? Est-il indifférent d'être de droite ou de gauche quand nous analysons une situation politique ?

Autant de questions qui nous obligent à penser la réalité comme la confrontation de mondes.

C'est ce qui nous a semblé évident dans la Traviata.

Quels mondes s'opposent ?

1. Le monde de la nuit (de la vie mondaine) et celui du jour (des bourgeois "respectables").
2. Le monde où la jouissance règne en maître et celui où c’est le devoir qui prévaut.
On pourrait ajouter l'opposition entre les scènes publiques et les scènes privées. L'opéra se compose de trois actes, mais de quatre tableaux qui intercalent des scènes de groupe et des scènes intimes. Généralement, les scènes privées ne semblent être là que pour faire souffrir Violetta (doute, souffrance, sacrifice, mort). Il y aurait de quoi développer longuement, car ce n'est pas un hasard. En public, on peut pavoiser, dans le lieu privé on est confronté à soi ou à ses faiblesses.

Nous nous en tiendrons aux deux premiers.

1. Il y a donc d'un côté, le monde des mondains, de la vie mondaine et, d'autre part, le monde que l'on peut appeler ironiquement "le monde des valeurs", là où est censé triompher le sérieux et le sens du devoir.

- La vie mondaine est celle de la fête, de la nuit. C'est là où des groupes entiers trinquent en chantant le plaisir de boire. Voir le très célèbre air : "Libiamo, libiamo ne'lieti calici ; che la bellezza infiora…" (Buvons, buvons dans les coupes joyeuses que la beauté agrémente) [Acte I]. On s'y amuse, on séduit, on y joue : soit dans le salon de Violetta, soit chez Flora. On sent bien que c’est un monde superficiel, mais on sent aussi que c’est un monde qui répond à un besoin. Ici, on force peut-être un peu le destin pour donner ou se donner l’illusion que la vie est plutôt agréable et facile. On s’y veut résolument insouciant.
Violetta chante, dans la première scène : "Al piacere m'affido, ed io soglio ; Con tal farmaco i mali sopir. (Je m’abandonne au plaisir, et j’ai l’habitude de soigner mes maux avec un tel traitement.)"

- Le "monde des valeurs" est le monde où triomphent les valeurs de la bourgeoisie classique. On y cultive la respectabilité, le rang social (entendez la supériorité sociale). Le travail et les valeurs religieuses sont l’horizon qui guide, en théorie, les actions. C'est le monde que vante Giorgio Germont.

Ces deux mondes s’opposent. En revanche, ils ne sont pas hermétiques l’un à l’autre. Nous ne sommes pas chez Platon, la différence n’est pas métaphysique. Chez ce dernier, il y a le monde physique et le monde métaphysique. Le premier n’est rien d’autre que le reflet de l’autre. Le seul monde vraiment digne est celui des Idées, qui donne son sens et sa raison d’être à la réalité "physique", qui se limite à ce qui est perceptible par les sens.
D’une certaine manière, c’est ce que nous trouvons ici. En effet, Giorgio Germont présente les valeurs de la bourgeoisie prétendue respectable comme les seules valeurs possibles. Il sait que le sacrifice de Violetta peut la conduire à vouloir mourir, mais cela ne semble pas l’émouvoir. Pas parce qu’il est un monstre d’égoïsme, mais parce qu’il croit qu’il y a des valeurs qui peuvent exiger un tel sacrifice. Lui-même finira par avouer sa démarche à son fils, car il va considérer qu’il est allé trop loin. Dans ce monde-là, les conséquences sont généralement secondaires.
Le monde de la nuit, lui, semble acquis à cette porosité des mondes. Dans les salons "mondains", peu importe que l’on soit bourgeois ou demi-mondaine, à partir du moment où l’on souscrit aux codes qui édictent que la valeur suprême est la jouissance. "Buvons" comme le dit le livret, et peu importe avec qui, du moment que l’ivresse est heureuse.

La nuit est bien connue pour griser tous les chats.

D’ailleurs, ces mondes n'expriment pas un clivage social. L'un et l'autre appartiennent à la bourgeoisie. Violetta n'invite pas n'importe qui à ses soirées. Ses amis sont marquis ou comtes ou vicomtes. Il ne serait, d’ailleurs, pas absurde de penser que les bourgeois "du jour", qui défendent les valeurs dites morales, pourraient être les mêmes que ceux qui chantent la joie et l'ivresse la nuit.
N’oublions pas non plus de souligner que c’est grâce à cette interpénétrabilité que Violetta et Alfredo peuvent se rencontrer.

2. Au sein ou en marge de cette opposition sociale existe la nécessité d'un choix philosophique : faut-il préférer la jouissance à l'amour ?

Cette question apparaît très tôt dans l'œuvre. En effet, après sa rencontre avec Alfredo, Violetta tombe amoureuse pour la première fois. C'est étrange, pour elle : "E strano ! E strano ! … in core ; Scolpiti ho quegli accenti ! Sarla per me sventura un serio amore ? (C'est étrange ! C'est étrange ! … J'ai ces mots gravés dans mon cœur ! Un amour sérieux serait-il pour moi un malheur ?").

Cette nouveauté la confronte à un autre monde. Peut-être existe-t-il autre chose que la seule jouissance, plaisir léger et éphémère. Et si un "vrai" plaisir pouvait ne pas être fugace ? Et si la nature du plaisir pouvait ne pas être éphémère…

Elle chante : - "Che risolvi, o turbula anima mia ? (Que décides-tu, ô mon âme troublée ?)"
Il est vrai qu'il faut choisir et la question n'est pas simple. Une grande partie de l'histoire de la philosophie est déterminée par ce choix. Les grands clivages philosophiques se font sur la nature de la réponse que l'on apporte à cette question.

En assumant le fait d'être un peu schématique, on peut dire que, généralement, trois choix s'offrent à nous.

a - À la manière de Platon, faut-il se défier de la jouissance pour se consacrer à un amour plus pur ? (Voir "Le Philèbe")

b - À la manière de Lucrèce, faut-il se refuser à l'amour pour un plaisir moins encombrant, car strictement organique ? (Voir "De Natura rerum")

c - À la manière du marquis de Sade, pour qui l'amour, le plaisir et la jouissance sont parfaitement compatibles ? (Voir "La philosophie dans le boudoir")

Il n'est pas facile de trouver une juste place dans ces trois possibilités.

Le monde de Giorgio Germont n'est pas nécessairement hostile à la jouissance, mais celle-ci ne doit pas être débridée. Il y a des règles qu'il faut accepter. Il penche plutôt pour l'amour. Mais cela ne saurait pas être une valeur en soi. Elle exige sans doute une forme de reconnaissance sociale soit des cérémonies et des sacrements. Dans ce monde, les apparences ne sont pas vaines.

La question morale est toujours un peu complexe dès lors qu'on la formule d'un point de vue social.
Par exemple, pour un bourgeois respectable, qu'y a-t-il de plus insupportable ? Une femme de mauvaise vie ou une femme qui mène une mauvaise vie ? Certainement la deuxième option. Il faut sauver les apparences.
L'ambivalence du désir et de l'amour est souvent soulignée, dans le livret, à travers une image récurrente :
- "Croce e delizia, delizia al cor (Croix et délice, délice pour le Coeur)"
- "Croix et délice, délice pour le cœur". S'il s'agit d'un délice pour le cœur, pour qui s'agit-il d'une croix ? Sans doute pour ce qui s'oppose depuis toujours au cœur. En philosophie, le grand ennemi de la jouissance (attribuée au corps), c'est l'âme. Croix de l'esprit, pour le délice du corps.
Peut-être que le monde des bourgeois "respectables", n'est après tout, qu'un monde inspiré de Platon.

Pour Violetta, tout est plus simple

- "A quell' amor, quell' amor ch'è palpito ; Dell'universo, dell'universo intero… (À cet amour, cet amour, qui est la pulsion de l'univers, de tout l'univers…")
Pour elle, l'amour est un sentiment évident qui ne saurait se réduire à un contrat social. C'est un sentiment universel qui n'a pas besoin de se justifier. Peu importe qui s'y soumet. Une courtisane peut aimer, ni moins, ni plus, que tout autre. Et elle peut aimer n'importe qui.

On soulignera l'ironie de la situation. Alors que l'on reproche aux courtisanes d'être intéressées et de ne rien faire sans calcul, ici, celui qui calcule, c'est Giorgio Germont.
D'ailleurs, au début de l'acte II, il est clairement dit que c'est elle qui vend tous ses biens pour subvenir aux besoins du couple.

Le cœur aurait-il ses raisons qu'il voudrait ne pas communiquer à la raison ?

Cette grandeur d'âme de Violetta se trouve aussi dans le premier tableau de l'acte II.
Giorgio Germont lui demande de rompre avec son fils afin que sa famille ne soit pas entachée par une telle relation. Il dit que c'est pour le bien de sa fille : "Dieu m'a donné une fille pure comme un ange ; Si Alfredo refuse de revenir dans le giron familial ; le jeune amant adoré qu'elle devait épouser se dérobe maintenant …"
Violetta émue par cette situation, se sacrifie, consciente de ce qui lui en coûte. Voir le très bel air : " Dite alla giovine sì bella e pura, Ch'avvi una vittima della sventura, Cui resta un unico, un unico raggio di bene... Che a lei il sacrifica e che morrà. (Dites à la jeune fille si pure et si belle, qu'il y a une victime du malheureux à laquelle il restait un unique rayon de bonheur… qu'elle lui sacrifie et qu'elle en mourra.")
Ici, on lit clairement le choix de l'amour contre la jouissance. Voire davantage, car on sacrifie aussi bien la jouissance que l'amour.
Violetta est sans aucun doute bien plus platonicienne que l'on ne croit.

La critique du monde bourgeois est féroce.
Violetta montre ici des qualités de respect et d'abnégation incroyablement morales. Mais cela compte peu pour un monde où les choses doivent rester à leur place (fût-ce au prix de la plus dérisoire ironie). Quand Violetta dit qu'elle mourra d'abandonner Alfredo, on peut penser que Giorgio Germont la prend au mot. Cela ne l'empêche pas de demander ce sacrifice. Il dit de manière ambiguë : "Un jour vous aurez, au ciel, la récompense de ces larmes."
Mais ce n'est après tout qu'une courtisane, une femme du peuple arrivée par des moyens discutables. On a parfois l'impression qu'il lui demande se sacrifier, comme un maître de maison demanderait à son domestique de faire des heures supplémentaires pour lui faire plaisir.
Car, au nom de quoi, ce sacrifice ? Au nom d'une "incertaine morale".
Pas une morale humaniste qui considèrerait que tous les hommes sont égaux et qu'il faut les considérer comme des fins en soi et non comme des moyens. Mais bien au nom d'une morale sociale qui cherche à préserver ses intérêts, en faisant peu de cas de qui est concerné.
On ne pense pas que Giorgio Germont soit cynique. Il dit : "Vous êtes encore jeune". Ignore-t-il qu'elle est mourante ? Peut-être.
Mais Giorgio Germont n'est pas non plus un monstre. Quand il se rend compte que son fils s'est mal comporté (il jette des billets de banque aux pieds de Violetta pour l'humilier), il s'en offusque. Il ira jusqu'à reconnaître ses torts et tentera même de réparer. On peut lui concéder qu'il croit sincèrement aux valeurs de son monde.
Mais ce sera trop tard.
C'est le propre d'un drame de ne jamais être à l'heure.

Ajoutons encore une anecdote sur l'idée de monde, pour terminer.

Les premières représentations de La Traviata furent un échec. En partie parce que Verdi n'a pas pu choisir les chanteurs qu'il voulait. La cantatrice qui interprétait Violetta (censée être maigre et chétive) était largement en surpoids et respirait la santé. Certains spectateurs n'auraient pu s'empêcher de rire.
Mais tout le monde s'accorde à dire que ce qui a été vraiment déroutant pour le public de l'époque, c'est que l'intrigue était contemporaine et jouée dans des costumes contemporains. Or, le public n'a pas l'habitude de voir cela. Pour lui, les intrigues d'opéras se passent généralement dans l'antiquité ou au moins au siècle dernier.
La rupture avec cette tradition montre la modernité de Verdi, mais aussi le côté très conservateur du public.
Tout se passe comme si l'opéra ne peut pas mettre en scène notre monde.
Aujourd'hui encore, certaines mises en scène déroutent par leur modernité et il n'est pas rare de voir un certain public désappointé quand les comédiens arrivent en jeans et basquets sur scène.
L'année suivante, Verdi reprendra sa pièce au même endroit (Venise) mais avec des comédiens choisis et une intrigue qui est déplacée à l'époque de Louis XIV. Le succès fut immédiat.











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Dernière modification le : 06/09/2016 @ 14:47
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