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Vendredi 24 septembre 2021

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PRINCIPE de l'exercice

Principes de fonctionnement



Je propose de mettre en rapport des opéras et des notions qui sont au programme de terminale en philosophie. Pas simplement pour les illustrer, mais aussi pour les approfondir. En effet, certaines situations dramatiques permettent de mettre en lumière ce que des concepts peinent parfois à pouvoir exprimer.

On distingue, à juste titre, le fait de savoir et le fait de comprendre. Il y a des choses que l'on peut savoir sans pour autant les comprendre réellement. Prenons l'exemple de la mort. Nous savons tous que nous allons mourir et cela ne nous perturbe pas vraiment quand nous énonçons cette vérité. Il en est autrement quand nous parlons de compréhension. "Comprendre" que l'on va mourir, nous implique davantage dans cette idée. Ici, il ne s'agit plus une simple forme verbale que nous énonçons parce que nous l'avons apprise. Nous intégrons l'idée, nous faisons corps avec elle. "Comprendre" que l'on va mourir ne laisse jamais indifférent.

L'opéra permet peut-être d'ajouter un troisième moment, qui accentue encore l'incarnation de cette idée. On ne parlera plus simplement de "savoir" ou de "comprendre", mais peut-être de "vivre" l'idée. La musique ajoute une intensité émotive à la situation qui fait que nous nous trouvons au cœur de l'action. Elle brouille cette objectivité si chère à certains philosophes.

Reprenons notre exemple. Nous savons que nous allons mourir et certains comprennent qu'ils vont mourir. Là, il faudrait dire que l'opéra nous permet de "vivre" le fait de mourir. Paradoxal ? Certainement. Contradictoire ? Pas vraiment.
Quiconque a entendu Manon Lescaut (Puccini) chanter : "Seule, perdue, dans ce désert… Horreur… Je ne veux pas mourir…" accompagnée par la très belle et très sinistre musique de ce passage, peut comprendre à quel point on peut "vivre" le désespoir de Manon. Cela vaut aussi pour le désespoir d'Orphée qui perd une seconde fois sa bien-aimée Eurydice. Que ce soit chez Monteverdi ou chez Glück, on vit concrètement cette situation. La beauté de la musique ne nous en laisse pas le choix.

Si les textes de philosophie ont la possibilité d'exprimer des choses vraies ou belles ou justes, ils pêchent parfois par leur excès d'intellect. La chair des idées, si l'on peut dire, est toujours mise à distance. Peut-être parce que l'Occident a été initié à la philosophie par un certain Platon qui n'hésite pas à dire que le principal obstacle au savoir est le corps, voire la chair.

Un opéra est charnel. Ne serait-ce que parce qu'il se doit de mettre en scène cette abstraction qu'est la musique. Même des auteurs contemporains comme Unsuk Chin ou Mark-Anthony Turnage n'échappent pas à la règle. Et cependant, l'époque est à l'abstraction.

Alors, laissons-nous tenter par la chair de l'idée.

Pour lire les éclairages que je propose, il suffira de suivre les liens sous celui qui vous a conduit jusqu'ici. Cliquez sur une notion et vous trouverez les articles.

Par exemple :

L'inconscient : Salomé de Strauss
La liberté : La force du destin de Verdi
La morale : Le couronnement de Poppée de Monteverdi
Etc.



















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Dernière modification le : 06/09/2016 @ 15:52
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